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La nuit des musées les 20 et 21 mai 2017 au Musée de Plein Air : les sculpteurs et la forge

Peint par son père, voici un tableau représentant le sculpteur Bernard Leblanc-Halmos à l’oeuvre.  Eh oui, qui croirait que c’est comme ça, couvert et protégé comme un véritable « ouvrier métallo », que l’artiste travaillant à la forge va faire jaillir son oeuvre d’art, sa sculpture en métal.

Eh bien, ce samedi-ci, à l’occasion de la Nuit européenne des Musées, les musées d’Europe ouvriront gratuitement leur porte dans la joie et la bonne humeur puisqu’il y aura de nombreuses animations originales. Le Musée de Plein Air à Villeneuve-d’Ascq n’échappe pas à la règle et ceux qui sont à la fois forgerons, soudeurs et artistes (dans l’ordre qui vous conviendra) feront des démonstrations de leur talent devant vous dans ce cadre exceptionnel. C’est l’association Zèle et Fer, dont le but est la sensibilisation aux métiers d’art du fer, qui organise l’événement. Elle n’a pas loin à aller puisque c’est au musée de Plein Air même que les artistes forgerons y tiennent leurs quartiers, tout au long de l’année. Vous pouvez d’ailleurs vous y inscrire pour apprendre à façonner la matière, seul ou en groupe. Apprendre car, si je puis dire, c’est tout un art de travailler le fer. Ce métal au caractère puissant et d’apparence glaciale, se présente sous différentes formes : de la forme solide à température ambiante jusqu’à la forme malléable à une température avoisinant les 1000 degrés ! Dans la nature, on le trouve sous forme de minerai ou sous forme d’une roche qui contient suffisamment de minéraux pour être exploitable. Il est présent sous forme d’oxyde, ce qui est le cas, notamment, pour l’hématite ou la magnétite. Le fer, l’acier et la fonte contiennent tous trois du carbone mais dans des proportions différentes.

A partir d’un matériau d’apparence rude, pouvoir exprimer la grâce, le mouvement, la légèreté… et même ses sentiments, l’outil à la main, le corps tout entier dévoué à l’ouvrage, on le sait conscient de la force des exigences du métal ; ainsi est Bernard Leblanc-Halmos,  lorsqu’il dompte la matière, tout en élégance, pour concrétiser un rêve, sans doute : transmettre en trois dimensions des émotions inspirées par le monde qui nous entoure et qui jaillissent d’une étincelle de générosité ! Mais savez-vous que, à ce stade-là, la sculpture n’est pas encore prête ; le façonnage du fer n’est que la première étape, celle qui signera la création. Car cette création sera transformée grâce à une matière plus noble : le bronze, un métal si doux que l’on a presque envie de le caresser. Et, pour cette seconde étape, le sculpteur passe la main, selon l’expression, à un « fondeur » !  Celui-ci utilisera une technique impressionnante pour recouvrir le modèle original de bronze liquide en fusion, une préparation à 1200 degrés Celsius ! Puis, une fois le bronze refroidi, place aux finitions : polir, limer, poncer… C’est l’opération délicate des patines, celle qui nécessite un grand savoir-faire ! La sculpture obtenue après la coulée est généralement de couleur dorée. Alors, selon l’effet souhaité de patine, différents produits pour oxyder le métal sont appliqués et posent un temps variable, jusqu’à ce que le fondeur stoppe l’oxydation avec de la cire. Oui, oui, de la cire d’abeille pour les meubles ! C’est cette dernière opération qui en fera un « Bronze d’Art », une appellation très encadrée et qui suit des règles très strictes :

Le savoir-faire des fondeurs justifie ainsi que les œuvres portent leur empreinte à côté de la signature du sculpteur (voir la photo ci-contre, avec la signature B.Leblanc (telle qu’il signe ses sculptures) à côté de la griffe de Blanchet Fondeur. Pour la petite histoire, la maison Blanchet – une entreprise fondée en 1870 – s’est d’abord lancée dans la fonte de cloches. En 1933, Robert Landowski , le neveu d’Armand Blanchet, commence à diversifier l’entreprise. En 1960, son fils Didier la transforme en fonderie d’art. Leur savoir-faire et  leur maîtrise du bronze leur a valu d’obtenir l’EPV (le label Entreprise du Patrimoine Vivant), une marque de reconnaissance de l’Etat, mise en place pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence.

Le bronze, un alliage du cuivre et de l’étain, est le plus à même de reproduire en trois dimensions la pensée et les gestes de l’artiste et c’est le matériau qui se prête le mieux à l’édition quasi parfaite de l’oeuvre originale et qui peut ainsi être multipliée sans dommage. Le XIXème siècle a d’ailleurs largement profité de cette opportunité et cette période a vu fleurir de multitudes de copies de statues en bronze. Alors, en 1968, une réglementation stricte a été édictée en droit français, en droit de la propriété intellectuelle, plus précisément, pour limiter les éditions, en imposant ainsi la numérotation des épreuves : Les tirages doivent être numérotés sur la terrasse du Bronze, à côté de la signature de l’artiste et de l’estampille du fondeur. D’autre part, les tirages ne doivent pas dépasser 8 exemplaires, auxquels on admet toutefois 4 exemplaires supplémentaires en « Épreuve d’Artiste », annotées EA, soit un total de 12. A noter que les tirages EA ne sont pas vendables. Toutes ces sculptures peuvent s’appeler « Bronze original », c’est-à-dire « authentique » car elles sont réalisées sous le contrôle direct du sculpteur. Des reproductions peuvent être faites par l’artiste mais elles n’ont pas la même valeur, c’est ce qui s’appelle le surtirage et la mention « Reproduction » doit forcément apparaître à côté de la signature. Le 18 novembre 1993, la réglementation s’est encore renforcée par la création du « Code Déontologique des fonderies d’art », signé par les présidents du Syndicat général des fondeurs de France, le syndicat des sculpteurs et la Chambre nationale des commissaires-priseurs et du Comité des galeries d’art.

  Sans plus attendre, voici un diaporama qui vous emmène vers un monde métallique aussi superbe et qu’émouvant !

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Samedi 20  et dimanche 21 mai, le Musée de Plein Air, la MEL et l’association Zèle Fer accueillent les rencontres «Forges en fête». L’occasion, pour les visiteurs, de découvrir un savoir-faire très spectaculaire ! Au programme : démonstrations de forgerons à l’ouvrage, exposition de ferronnerie d’art, dinanderie, sculpture. Le samedi soir, place à la Nuit des Musées : marteaux et enclumes continueront à sonner dans un village reconstruit, entièrement illuminé… et dont l’entrée sera gratuite dès 18 heures.

Samedi et dimanche, un spectacle tout feu tout flamme attend les visiteurs du Musée de Plein Air. A l’occasion de la sixième rencontre Forges en fête, une vingtaine de passionnés et de ferronniers renommés venus de France, de Belgique, d’Allemagne et d’Angleterre se réuniront pour marteler le fer. Dans les volutes de fumées et à la lueur des forges, ils travailleront en équipe, manipulant avec adresse métal en fusion, lourds outils et matériels de protection. D’une main de maître, ils  réaliseront de superbes ouvrages en fer forgé qui viendront enrichir le décor du Musée.

Le samedi, à 16h, 18h et 20h, un échassier gris d’acier, le Cosmopode de la Compagnie Les Géants (comédiens, clowns, jongleurs, danseurs, acrobates… tous échassiers) fera son apparition au cœur du village aux toits de chaume et vous emmèneront dans un autre univers aussi loufoque qu’étonnant, toute la soirée durant ; Les Gentilshommes de la Brette feront devant vous des démonstrations d’escrime ancienne et artistique (qui feraient, j’en suis sûre, l’admiration de Laura Flessel !). Des centaines de bougies de toutes les couleurs illumineront les jardins, les chaumières et les petits chemins pour éclairer vos pas lors de la visite guidée (de 18 h 30 à 20 h 30). Pour se joindre pleinement à l’ambiance, petits et grands pourront fabriquer leurs propres lampions et maracas de capsules. Enfin, à 19 h ou à 21 h, il sera temps de suivre le conteur Tortequesne pour une balade contée. La dernière viendra d’ailleurs clôturer la soirée… aux flambeaux !

Le dimanche après-midi uniquement, place au théâtre avec la troupe Di mini teatro, compagnie théâtrale spécialisée dans le travail du masque et dans la comedia del’arte contemporaine. Deux comédiens masqués et leurs marionnettes métalliques donneront trois spectacles de circonstance: Les Forgesailleurs ! Les visiteurs pourront également croiser la drôle d’équipée en déambulation, au détour d’un chemin ou derrière une chaumière. Même pas peur !

Informations complémentaires

  • Rendez-vous à partir de 10h00
  • Public : Tout public
  • Tarif : voir tarifs du Musée de Plein Air
  • Bon à savoir : Nocturne le samedi de 18h à 22h où l’entrée sera alors gratuite
  • Renseignements : Musée de Plein Air – 03 20 63 11 25
  • Des aires de pique-nique sont à disposition sur le site, et l’Estaminet « Le Bet’Leu » vous accueillera dans la grande maison de Zuytpeene, autour d’une cuisine simple et gourmande, aux accents typiquement flamands. Zeer lekker !
  • adresse : 143 rue Colbert à Villeneuve d’Ascq

Alors, avec le guide Nature du musée de Plein Air, venez donc prendre un bon bol d’art, jusqu’à la nuit tombée et donner tout son sens à cette phrase du plus célèbre des sculpteurs, Auguste Rodin : « Je n’ai jamais pensé que j’étais autre chose qu’un ouvrier » !

 

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Publié par le mai 18, 2017 dans Lieux à connaître

 

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