Comment tout a commencé ? Voici la présentation détaillée du projet :

Une envie esthétique, une urgence écologique

En octobre 2015, la Maison de l’architecture de Lille, en partenariat avec la ferme pédagogique Marcel Dhénin et le Rucher-école de la Ville de Lille, a lancé un appel à candidature afin de trouver une équipe de conception pour 4 ruches d’abeilles contemporaines, à installer dans le parc Matisse à Euralille.

Il s’agissait, d’une part, de contribuer à la biodiversité et à la sauvegarde des abeilles dans la métropole et, d’autre part, de développer un projet pédagogique autour de la ville, de l’architecture et de l’abeille.

Une équipe atypique

La Maison de l’architecture a été ravie de recevoir plus de 30 dossiers de candidatures, tous de très grande qualité. Le choix n’en a été que plus difficile. Et c’est une équipe de deux jeunes architectes qui a retenu l’attention du jury pour leurs capacités à imaginer de la micro-architecture tout en maîtrisant les problématiques liées à l’apiculture.

– Camille Garzuel

Camille obtient son Habilitation à la Maîtrise d’oeuvre en 2008 à l’ENSA Paris-Belleville puis débute dans différents types d’agences, passant du paysage à l’architecture d’intérieure, de la scénographie à des projets de logements et d’équipements.  En 2014, elle devient indépendante et s’attache à développer des espaces transformables et modulables tout en embrassant des valeurs écologiques et économiques.

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Camille Garzuel

   – Malvina Bali   

Malvina Bali sort tout droit de l’ENSA Paris-Malaquais puis s’envole directement pour l’Argentine où elle travaille sur des projets variés tels que ceux sur le logement, le mobilier, l’équipement et l’urbanisme…

Là bas, elle finalise des études de production végétale biologique et s’entiche de botanique, et aussi d’apiculture. En 2014, elle crée une petite société apicole écologique qui lui permettra de réfléchir et de faire des expérimentations face à la crise sanitaire des abeilles.

Malvina Bali

Un site fantastique

La MAV -devenue aujourd’hui WAAO– a souhaité imaginer un nouveau modèle de ruche en milieu urbain au sein du parc Matisse, adapté au site, au milieu de la vie et aux contraintes particulières de l’habitat des abeilles.

En effet, les sites urbains et périurbains, souvent moins traités en produits chimiques, sont fleuris une grande partie de l’année et légèrement plus chauds. Ils peuvent offrir nourriture et habitat appropriés aux abeilles. Euralille, berceau de l’architecture contemporaine à Lille, est un site propice à ce projet. Le Parc Matisse est un jardin public situé dans le quartier d’Euralille à Lille. Il comporte quatre espaces distincts : une vaste pelouse, dite grande prairie du boulingrin, l’îlot Derborence, forêt inaccessible perchée sur un socle de sept mètres de haut, planté d’essences originaires de régions de l’hémisphère nord (Amérique du Nord, Asie, Europe), le bois des transparences, planté de pyrophytes, de bruyère et de bambous, et le jardin en creux, aménagé dans les fossés des anciennes fortifications.

Le Parc Matisse

 

Un projet supercalifragilistic…

Projet du parc

L’équipe retenue a donc travaillé sur un principe constructif adaptable, en collaboration étroite avec le Rucher-école de la Ville de Lille et son apiculteur. Il a fallu se familiariser avec la vie des abeilles afin d’adapter leur habitat à la ville et de permettre à l’apiculteur de travailler en tout confort à l’entretien et aux récoltes.

L’enjeu était de répondre aux contraintes d’utilisation des ruches pour les abeilles et l’apiculteur, mais également d’imaginer une ruche qui sorte des standards afin d’offrir une structure originale et insérée dans le paysage : une micro-architecture iconique qui attirera le regard des usagers du parc et l’animera toute l’année. Et bien que le projet lauréat soit une microstructure, il est promu à avoir un fort impact, à renforcer l’engagement que la ville prend envers la biodiversité, le design et l’architecture. La compétition a pour objectif principal de démontrer comment la conception architecturale à petite échelle peut transformer l’espace public ; L’idée formelle étant d’associer la ruche à une usine et de jouer sur le parallèle avec l’abeille ouvrière. L’usine peut aussi renvoyer aux méga-structures de l’architecture du quartier.

Dans le parc Matisse, chaque fabrique est un rucher constitué de deux cheminées associées autour de la plateforme de travail de l’apiculteur, dont l’orientation varie en fonction de l’ implantation. Un périmètre de végétation haute forme une zone tampon avec le parc. Les ruches sont protégées par une double peau en bois qui permet de réguler l’hygrométrie, la température et la mise à distance du public.

 

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Détails du rucher

Le brûlage superficiel du bois, grâce à une technique ancienne, protège le rucher durablement contre le vieillissement et lui confère résistance et longévité.

Les ruches sont des signaux qui trouvent leur place dans l’espace public au sein d’un univers urbain contrasté. Leur géométrie forte en font des repères à la fois ludiques et facilement identifiables.

Eh bien voilà, vous savez tout, ou presque, sur ce beau projet, mais là, on était en 2015, ainsi depuis, l’idée et la conception ont fait leur chemin et… ce 5 juillet 2018, on pourra en découvrir concrètement la réalisation : ce sera l’inauguration de ces ruches contemporaines ! Souhaitons-leur d’avoir de beaux et longs « Api days » ☺ devant elles !