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Archives de Catégorie: Mémoire du Quartier

Soirée débat à la Guinguette de la Paix ce mardi 17 octobre

Second temps fort pour cette Semaine du Refus de la misère dans le quartier Saint Maurice Pellevoisin,

soyons fantastiques, soyons solidaires avec le S.C.I.(Service Civil International)

pour imaginer et fabriquer des possibles.

Prochain rendez-vous  à la Salle Jean Zay

samedi 21 Octobre à partir de 14 h pour la fête de la Solidarité

avec des ateliers, des expositions, du théâtre, un goûter partage… tous les ingrédients pour bien commencer les vacances de Toussaint.

 

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Une surprise pour les Journées du Patrimoine 2017 !

Quelle n’a pas été ma (bonne) surprise en découvrant ce week-end un calicot accroché au dessus du muret de l’immeuble édifié sur le site où se trouvait, jadis, rue de la Louvière, la Brasserie du Coq Hardi, calicot posé à l’initiative de la Commission culture et patrimoine du conseil de quartier de St-Maurice Pellevoisin, sur lequel je pus lire quelques lignes à propos de cette brasserie qui brassa si longtemps sur le territoire de notre ville . Il faut savoir que, si la société Brasserie du Coq Hardi existe toujours – elle a désormais son siège à Marcq-en-Baroeul, sur le Boulevard de la République – elle ne brasse plus depuis le début des années 80, se contentant désormais de représenter en France la brasserie belge Brasserie Haacht et de participer à la diffusion des bières de cette dernière à travers notre territoire.

Ma surprise fut en fait multiple : un panneau ! les photos de la brasserie du Coq Hardi ! la mise à l’honneur de Jean-Marie Gydé dont le nom figure en dernière ligne du calicot ! Ce dernier m’avait d’ailleurs reçu quand j’ai commencé ce blog et m’avait alors aimablement permis de dévoiler de très belles photos prises par sa fille Cécile, à l’époque où il travaillait au « Coq Hardi ». Nous avions passé de longs moments à nous rappeler avec plaisir des anecdotes sur la vie dans la brasserie et il en était ressorti  une série d’articles, enrichis par des photos qui complètent à souhait la pancarte accrochée pour les journées du patrimoine, dans le cadre d’une balade guidée dans notre quartier

 https://memoiresmplille.wordpress.com/?s=quand+la+brasserie+du+coq+hardi

 Ces articles viendront donc à point compléter et illustrer le résumé fourni par la la Commission culture et patrimoine du conseil de quartier de St Maurice – Pellevoisin.

Alors, sans tarder, j’ai tenu à partager ma découverte avec Jean-Marie (qui habite toujours Pellevoisin). Je ne doutais pas de sa réaction et, effectivement, il fut ravi d’être mis à l’honneur par ces photos, tout comme de savoir que ces quelques articles, écrits suite à ses propos – et rédigés il y a maintenant 3 ans – continuaient leur route et étaient lus pratiquement tous les jours… et ce dans le monde entier. Merci WordPress !

Et, d’une façon plus générale pour ces balades dans notre quartier durant ces Journées Européennes du Patrimoine, avec 2 parcours à travers l’histoire de notre quartier :

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Publié par le septembre 18, 2017 dans Mémoire du Quartier

 

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En avant vers le passé !

On a rencontré Xavier. Il n’habite plus St Maurice-Pellevoisin depuis longtemps mais il y revient souvent et toujours avec le même plaisir. Lorsqu’il a lu nos articles sur la vie au siècle dernier ici, les souvenirs lui sont revenus sur cette époque où parler de St Maurice-des-Champs n’était pas un vain mot puisqu’on était alors dans un faubourg de Lille qui ressemblait plutôt à un village, surtout avant que les brasseries ne s’installent rue de la Louvière, augmentant d’un seul coup le nombre d’habitants et ….le nombre de cafés, ce qui donna ainsi davantage de vie à tout le quartier.

Xavier nous a alors parlé d’un dépôt de tramways qui le fascinait lorsqu’il était enfant. « Un dépôt des tramways ? Comment donc ! Mais nous, on n’en avait même jamais entendu parler ! Quoi ? Rue du Faubourg de Roubaix ! En plus ! Ça alors »  ! On a donc commencé nos recherches pour pouvoir le renseigner …mais aussi pour vous et pour nous-même, pour compléter ainsi la mémoire du quartier, dans ce blog que j’avais choisi d’appeler à ses débuts « Mémoire et Actualités de Saint Maurice-Pellevoisin ». Eh bien, figurez-vous que le tramway… on l’a trouvé ! Grâce à Alain, c’est vrai, qui nous a donné cette fabuleuse information que nous avons partagé tout de suite dans un article détaillé https://memoiresmplille.wordpress.com/2017/09/13/on-a-retrouve-le-tramways/.  Est venue alors l’envie de refaire avec cet enfant qu’était Xavier le chemin qu’il empruntait, comme il nous le raconte, à l’époque où, après la classe, il partait de Pellevoisin pour rendre visite à sa grand-mère qui habitait Mons-en-Barœul, de l’autre côté du Pont du Lion d’Or !

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Publié par le septembre 16, 2017 dans Mémoire du Quartier

 

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On a retrouvé le tramways…

ou plutôt la photo du tramways qui fut inauguré en 1876 au dépôt qui se trouvait alors dans notre quartier, au temps où celui-ci s’appelait encore St-Maurice-des-Champs !

Un grand merci à un de nos lecteurs, de Mons-en-Baroeul, d’avoir pensé à nous transmettre un article de La Voix du Nord qui avait échappé à ma vigilance –  vacances oblige ! – pensant qu’il pourrait nous intérésser. Merci également à lui de nous avoir adressé 2 superbes photos qui complètent à point l’information.

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Ces vues sont parfaites pour vous présenter un prochain article, écrit pour les Journées du Patrimoine ( 16 et 17 septembre 2017), où justement un certain petit Xavier, âgé de 8 ans, évoquera en images son parcours à travers les rues du quartier et le souvenir de son émerveillement lorsqu’il passait devant les machines du dépôt des « Mongy ».

Alors, encore merci à Alain, qui sait bien que trouver de bonnes photos n’est pas le cadet de nos soucis ! (sic)

 
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Publié par le septembre 13, 2017 dans Mémoire du Quartier

 

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La Maison d’Enfants – suite

 

 

41 rue pascal, Lille

Maisons des Enfants en 1951

Ce fut un de nos premiers articles, de ceux qui nous ont donné l’idée d’appeler ce blog « Mémoire et Actualité » : https://memoiresmplille.wordpress.com/?s=la+maison+des+enfants. Et pour la partie « Mémoire », nous sommes allés à la recherche des établissements et bâtiments qui ont fait vivre le quartier – notre quartier – au temps passé… Très vite, une personne est venue nous demander de faire des recherches sur un endroit appelé « Maisons d’Enfants » ou aussi « Maison des Enfants », car elle y avait séjourné et souhaitait retrouver ses camarades de l’époque. Nous avons donc pris cette recherche à cœur et hop, direction Les Archives Municipales (qui se trouvent dans les sous-sols de la Mairie de Lille). Mais là, déception. Il n’y avait aucun renseignement à ce sujet. Aucune trace d’un quelconque endroit qui aurait réuni des enfants à Saint-Maurice ! Et pourtant, cette personne était formelle : le bâtiment ressemblait à un château, il ne pouvait avoir disparu comme ça ! Heureusement, une habitante du quartier, Marie-Dominique, qui y fut stagiaire, avait entendu parler de nos recherches et nous a apporté sur un plateau de superbes photos, des anecdotes ainsi que des renseignements précieux sur l’emplacement. C’était les premiers balbutiements de ce blog, l’époque où l’on apprenait les rudiments de WordPress  dans les locaux du Centre Social, rue St Gabriel lors des cours sur le Numérique donnés par Andy Verhaeghe. On avait d’ailleurs tellement envie de trouver des informations pour notre article que celui-ci nous a même accompagnés un jour de grande chaleur, on s’en souvient, pour arpenter les rues et interroger les voisins, appareil photo à la main. C’est ce jour-là qu’on a découvert la résidence construite à la place de cette Maison des Enfants ; mais les réponses reçues concernant la date de la démolition de cette dernière ont sans doute été alors approximatives ; C’est donc ici qu’on en arrive au but de ce nouvel article : on vient en effet juste de recevoir un commentaire très intéressant de Jean-François ; Celui-ci nous dit, au passage, apprécier notre blog – « merci Jean-François ! »  – et être heureux d’y apporter sa modeste contribution. Voici donc son commentaire, dans son texte intégral :

« J’ai habité de 1973 à 1976 au 3ème étage du 60 de la rue Pascal à Lille et, de là, je bénéficiais largement (par dessus le grand et lugubre mur) de la vue du joli parc d’un home d’enfants. Il y avait des Marronniers encore visibles, deux splendides Cèdres du Liban qui sont tombés lors de la construction des immeubles de la résidence St-Maurice-des-Champs, situés du 41 au 47 rue Pascal. J’ai traversé la rue pour aller m’installer au 47, dans le deuxième immeuble construit dans ledit parc, en juillet 76, date à laquelle le bâtiment n’était même pas totalement terminé. Celui qui est répertorié 41 et 43 rue Pascal a été construit un peu plus d’un an auparavant. Je me permets d’apporter ces éléments car j’ai lu dans votre blog que la Maison d’Enfants avait été détruite dans les années 90, or c’était pendant que j’habitais en face ! »

Voilà qui est bien providentiellement rectifié et une nouvelle pièce du puzzle installée !

Nous avons également reçu un poignant commentaire de la part de Pascaline :

« J’ai 53 ans et mon frère et moi y sommes allés pendant 5 jours car notre mère accouchait et personne de la famille ne pouvait nous garder car c’était le mois d’août ! Notre petit frère d’à peu près 2 ans était infernal et mon père ne pouvait s’occuper de jeunes enfants tout seul ! Nous dormions dans des dortoirs tous ensemble et étions vêtus de la même façon !! J’ai mal vécu tout cela car j’ai eu l’impression que mes parents m’avaient abandonnée. J’ai beaucoup pleuré quand j’étais là-bas… »

Ce témoignage nous montre bien qu’en ce temps-là, on n’expliquait pas les choses aux enfants car la plus élémentaire psychologie n’était guère au rendez-vous. C’est ainsi que les enfants pouvaient se méprendre facilement sur les bonnes intentions de leurs parents. On comprend bien ici le sentiment profond d’abandon ressenti par Pascaline alors que ses parents avaient certainement agi pour le mieux, compte tenu des circonstances et qu’ils étaient loin de se douter que leur petite fille souffrait en silence ! Un message personnel : « Pascaline, je suis sûre que tes parents t’aimaient beaucoup et que ça leur a été difficile de te laisser quelques jours mais ils pensaient qu’on s’occuperait bien de toi et que tu serais au bon air à Saint-Maurice-des-Champs ! »

Mais, comme si un commentaire n’arrivait jamais seul, on vient justement de recevoir aussi un autre message, que je vous retransmets aussi bien volontiers, en espérant qu’il en générera d’autres :

« J’ai connu tous ces enfants !!!! J’ai travaillé durant les mois d’été, deux années de suite à la Maison d’Enfants !!!! Que sont devenus ces enfants ? J’ai 63 ans, j’y pense encore…. et les souvenirs sont intacts… Certains nous donnaient tant d’amour ! La petite qui pousse le caddy s’appelle Renée Sabine. »

en équipe

La découverte des premiers caddies !

Alors, notre mignonne petite Renée Sabine découvrira-t-elle cette belle photo dans notre blog ? Peut-être que vous pourrez nous aider à la retrouver… et tiens, si vous savez où se trouvait ce magasin Delta, on aimerait bien le situer !

 
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Publié par le janvier 11, 2017 dans Mémoire du Quartier

 

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Une bien belle personne…

L’année 2016 va bientôt s’achever. C’est le moment de penser aux personnes du quartier qui nous ont quittés cette année. Parmi celles-ci, il en est une à qui je tiens à rendre ici un hommage tout particulier et amplement mérité. ..

Microsoft Word - remerciements mamie 2.doc

Madeleine TREDEZ nous a quittés le 4 novembre de cette année 2016. C’est une perte pour sa famille, ses proches, ses amis… et pour moi !

Mignonne, jeune fille, elle l’était ; plus tard, elle devint une vieille dame pleine de charme, au regard malicieux et vif, jusqu’au bout.

Bon nombre d’entre vous ne l’ont pas connue mais, à eux je dirai : n’hésitez pas à lire ces quelques lignes car elle fut, moralement aussi – tout comme son époux qui tira sa révérence avant elle – une bien belle personne, à tous égards, belle à l’intérieur, belle à à l’extérieur… Or c’est toujours positif de côtoyer un être d’exception : l’on s’enrichit toujours à son contact, l’on apprend, l’on tente de s’améliorer … Un être exemplaire, c’est ce qui me semble aussi la résumer !

A une époque où certains politiques – et parfois même de membres du milieu associatif – nous déçoivent, il est revigorant – et le mot est encore faible – de pouvoir montrer en exemple une telle personne.

Par délicatesse, avant de faire paraître dans ce blog ces quelques lignes à son sujet, j’avais fait part de ce projet à ses 2 enfants ; voici un extrait de la réponse récente de sa fille, Dominique : « …. que dire ? beaucoup d’émotion en te lisant…. Elle n’aurait pas voulu tant de compliments et en aurait été très gênée  !… » Gênée, sans doute, je veux bien le croire car elle était d’une humilité indéniable, pas du tout à la recherche des honneurs, uniquement aux service des autres, par une indéfectible action, sans bruit mais toujours dans l’efficacité. Mais, en revanche, elle m’aurait sans doute rejoint sur le fait qu’un bel exemple peut générer et inspirer de beaux comportements. Donc, ne nous privons pas de faire connaître le magnifique exemple qu’a été celui de la vie de Madeleine TREDEZ et disons-nous que, même disparue, elle va pouvoir, notamment par le rappel de ce qu’elle était mais aussi de ce qu’elle n’était pas, continuer à irradier de sa bonne influence…

Discrète et efficace – d’une efficacité tranquille -, elle a œuvré, avec son époux, au sein de la Camaraderie – la Cama, comme nous disions tous – afin que des activités récréatives, animées avec toutes ses forces et de tout son cœur – épaulée en cela, comme nous ne le répéterons jamais assez par son mari – soient offertes, le jeudi après-midi, puis le mercredi après-midi, mais aussi durant les vacances scolaires, aux enfants de notre quartier, notamment à ceux qui en avaient le plus besoin. Elle était un bon génie, une félicité pour ces jeunes, encadrés dans le bon sens du terme .Dans son quartier, dans la vie de tous les jours, là aussi, une même disponibilité, un sens de l’écoute bienveillant et rempli d’humanité ; bref, une voisine comme nous aimerions tous en avoir !.

Si elle se dépensait sans compter pour nos enfants, elle n’oubliait pas ceux d’un autre continent, africain, pour être plus précis, et elle se mobilisait, année après année, pour les enfants du Sénégal avec des recettes tant nécessaires et tant attendues là-bas…

A ses obsèques, le 10 novembre, tous les présents étaient émus tant ils se remémoraient les bons moments passés en sa compagnie.

La tentation est forte de vous en parler plus longuement mais je voudrais m’effacer et laisser la parole à ses deux enfants, Dominique et Alain, qui nous ont fait frissonner, lors des obsèques de leur Maman,  par les mots qu’ils ont su trouver et qui nous la résumaient si justement. La tristesse de la séparation laissa alors la place au souvenir – aux souvenirs ! – au défilé des images ; bref, nous étions en train de comprendre – mais en avions-nous douté un seul instant au préalable ? –  que, bien que partie physiquement, Madeleine TREDEZ resterait vivante pour toujours dans nos têtes et dans nos cœurs, son histoire devenant alors inextricablement mêlée à la nôtre..

Son fils Alain s’exprima en premier, en lisant, la voix parfois difficilement au rendez-vous, tant l’émotion l’étreignait, le texte suivant :

« C’est bon que vous soyez là autour d’elle. Vous êtes sa chaleur humaine prolongée, et on vous aime pour çà. Je vais vous parler quelques minutes pour lui rendre hommage, mais en réalité, c’est vous tous qui allez vous exprimer. Vous, c’est à dire la centaine de témoignages écrits ou oraux reçu cette semaine de veille, et tout à l’heure Dominique parlera pour nous deux avec son cœur. Partager vos pensées et émotions fait de ce moment de peine un enrichissement mutuel comme elle les aime. Nous n’avons pas beaucoup de temps pour cela, alors nous avons rassemblé les idées forces pour nous serrer et nous sentir encore au chaud auprès d’elle. Beaucoup l’appellent Madame Trédez, dans la famille c’est Tante Madeleine ou Mamie, et ce Mamie est devenu depuis longtemps le nom affectueux naturel pour la plupart de ceux qui la connaissent. On finissait par la croire indestructible, Mamie, mais elle porte depuis 40 ans cette croix de douleur dont le nom seul est un fardeau : polyarthrite rhumatoïde, et traversé de terribles épreuves qui l’ont usée. On a tous eu bien pitié d’elle, on l’a tous admirée pour son courage et sa bonne humeur plus forts que les méchancetés de la vie. Il lui suffisait d’être entourée pour surmonter la douleur, mais l’usure a gagné du terrain. Notre « Mamiecourage » est partie à bout de forces, mais moralement debout, bien assistée, sans douleur, et enveloppée de nos baisers. Elle qui a tant donné, elle mérite le repos. Depuis des dizaines d’années, pas un jour sans qu’on nous demande « comment va ta maman ? » – « elle tient le coup ». C’est vrai, elle tenait le coup, Mamie, mais de plus en plus difficilement, et tellement fatiguée ces derniers mois. Peu à peu, son univers quotidien s’est rétréci, mais pas son appétit de vie. Elle passait toujours des heures au téléphone, à réagir vivement aux infos, à cotiser, à transmettre, à s’enquérir du destin de chacun. Notre Mamie universelle n’a rien lâché, jamais, et accompli sa mission de partage jusqu’au bout. C’est une évidence : Mamie a vécu par le cœur, par les élans et les émotions généreuses de son cœur, par son bon cœur ouvert à tous, tellement pénétrant qu’il bat en nous, maintenant ! Oui, on peut vraiment dire de Mamie qu’elle avait bon cœur ! S’il n’avait pas été bon, il n’aurait pas pu la mener jusque 89 ans avec toute la surcharge de travail imposée par la déformation de ses pauvres os, et tous les sacrifices qu’elle a assumés. Quelques phrases dérisoires ne peuvent pas résumer une vie aussi riche, une histoire foisonnante ponctuée de grandes douleurs et d’une multitude de petits bonheurs simples. Tous ici, vous avez partagé avec elle certains de ces durs moments et de ces bonheurs. De vos témoignages se forme un nuage de mots qui trace son portrait, et que je vous livre en désordre : Bienveillance, joie de vivre, droiture, talent, générosité, lumière, respect, simplicité, curiosité, engagement, abnégation, gentillesse, admiration, camaraderie, dévouement, fidélité, jeunesse, exemplarité, sourire, libération, compassion, soutien, dignité, ténacité, famille, discrétion, vitalité, confidente, amitié, et surtout affection et courage. Si tout çà n’est pas de l’amour, çà y ressemble terriblement, et çà y mène tout droit. Puisse ce petit nuage la porter jusqu’à cette autre vie où ne règne que l’amour. Et Dieu fasse qu’elle y retrouve notre papa, ses parents et tous nos êtres chers partis avant nous. Papi et Mamie, ces deux-là n’étaient pas faits pour être séparés, et il y a du bonheur en plus là où ils sont aujourd’hui réunis. Bien sûr, elle acceptait son âge et la perspective de s’en aller, bien sûr elle avait livré ses dernières volontés, mais elle aimait trop la vie pour renoncer à tenir encore et encore, à donner encore, à aimer encore. Jusqu’à son dernier jour à l’hôpital, elle a réussi à saisir et à partager ses petits bonheurs avec une équipe soignante admirable. Mamie aimait tant la vie, même douloureuse, même handicapée, même au bout du rouleau, qu’elle aurait bien signé pour 10 ans encore. On dit « place aux jeunes », mais les jeunes ont pris toute la place dans sa vie, elle leur a fait la meilleure place. Cette jeunesse autour d’elle l’a aidée à garder son ardeur, et elle a donné en retour à ces jeunes de quoi trouver à leur tour les voies des bonheurs simples, et à les transmettre. Beaucoup, beaucoup lui doivent d’avoir tenu bon, repris pied au moins une fois dans leur vie où le sort était méchant. Elle avait tellement de compassion pour les gens en détresse qu’elle se faisait souvent plus de soucis que ceux là même qu’elle voulait soulager. Comme vous l’avez connue et aimée, gardez là ! Gardez là en vous, gardez là dans vos souvenirs, dans vos récits, dans vos références, gardez là en vie dans votre vie. Naturellement, beaucoup la connaissent comme une militante fidèle depuis 40 ans à ses convictions de justice, d’écologie, d’équité et de bon sens. Nous gardons le goût revigorant de ses milliers de gâteaux préparés pour les bonnes causes, de ses milliers de crêpes qui ont fait le succès de nos stands, de ses innombrables créations de couture dont Dominique parlera mieux que moi. Mamie était de toutes les causes de la vie, de chaîne humaine en porte à porte, de sa sobriété de consommation à son exemple moral, et c’est aussi pour cela que ces causes étaient de bonnes causes. Par égard pour Mamie la battante, n’abandonnons pas ces combats. Si quelqu’un représente bien le slogan « la vie continue ! » c’est bien notre Mamie ! Mamie a eu tant de cordes à son arc que cet arc est devenu une lyre, où tous ses talents vibraient en harmonie. Écoutons longtemps encore cette musique en nous. Tous ces talents reçus en don, en grâce, ou bien acquis à force de travail, elle les a mis au service des autres. Y a t il plus belle définition de l’amour ? Rien ne lui fait tant plaisir que de réunir sa famille, et sa grande famille d’amis, alors ce sourire sur son visage est bien là aujourd’hui, parmi vous. Toutes ces qualités ne font pas d’elle une sainte, et c’est tant mieux. Elle avait parfois des trop pleins d’énergie sous forme d’agacements, de petits égoïsmes familiaux ou des exigences difficiles à suivre, mais nous ne l’aurions pas tant aimée si elle avait été parfaite. C’est parce qu’elle est proche de nous, de nos générosités comme de nos petitesses, que son rayonnement est si grand dans tant de vies, et le restera. Une vieille maman s’en va, mais une maman çà n’a pas d’âge pour ses enfants. Elle est l’incarnation de la vie, une source de vie permanente dont nous avons tout le temps besoin. Cette source se tarit, et notre monde devient froid, terne, sale…. mais jamais sans espoir. Mamie a tenu avec cette pulsion vitale plus forte que tout : nous apporter son affection protectrice et son aide. Elle n’y a pas failli un seul instant, de 21 à 89 ans, avec la même passion, la même efficacité, le même trop-plein d’âme, la même foi aimante. Maintenant libéré de son corps de souffrances, son esprit continue de se nourrir de l’affection de tous ceux qu’elle aime et qui l’aiment; Dieu sait qu’ils sont assez nombreux pour remplir sa nouvelle vie, là où nous la rejoindrons un jour. Je m’arrête de parler. Je regarde en moi, je ne vois qu’un enfant qui a perdu sa maman. Et çà fait bien mal ».

Puis sa fille Dominique parla à son tour, la voix empreinte d’émotion :  « Mamie, Depuis si longtemps je t’appelle « Mamie », c’était devenu ton prénom… Tu m’as mise au monde un 10 novembre et tu nous quittes un 10 novembre ! « Coquin de sort » chantait Georges Brassens, tu connaissais bien ses textes tant Papi l’écoutait ! Première à l’école, petite fille studieuse et appliquée, tu nous as transmis l’attachement au travail bien fait…Ton écriture si ronde et minutieuse, combien l’ont admirée ! Ta destinée était de devenir prof, prof d’enseignement ménager. Lingère-brodeuse après tes études à « Valentine Labbé », tu voulais continuer, soutenue par les gens de métier… C’était sans compter sur tes aptitudes sportives, « championne des Flandres du 200m » ! C’est alors que Papi a croisé ton chemin et que tout a basculé. Finis les bancs de l’école que tu adorais, Maman au foyer, le choix était fait ! Une maman attentive, protectrice…Mais ne laissant rien passer ! Tu nous as appris la droiture et la sincérité. Pour autant, tu n’es pas restée enfermée, bien au contraire, quelle vie trépidante ! Toi, lente de nature, il t’a fallu suivre le rythme effréné de Papi… Brave petit soldat, tu attendais son retour patiemment…l’école, la gym et les compétitions le dimanche….Les 35 heures n’étaient pas de mise à l’époque ! La colo à Wormhout, la « cama », le camp d’ados puis la colo en Bretagne et enfin le CENH…. Tu t’es investie dans toutes les entreprises familiales en y mettant « tout ton cœur » et toute ton énergie ! De l’intendance pour 250 personnes à la colo, la pyrogravure, la couture, la cuisine à la cama en passant par des centaines de costumes confectionnés par tes mains devenues si douloureuses… Ces mains ont cousu, tricoté, confectionné des centaines de gâteaux dont celui au chocolat que tu es la seule à faire si bien ! Ton cœur, tu l’as ouvert à tous, à ta famille mais aussi à tous ceux qui ont croisé ton chemin… 89 ans d’application pour bien faire, 89 ans tournés vers les autres, ton mari, tes enfants, tes petits enfants, tes parents au crépuscule de leur vie et tes arrières petits enfants…et d’autres, des centaines d’autres enfants qui t’appelaient « Mme Trédez » puis « Mamie » eux aussi, sans aucune jalousie de notre part… Tu as marqué ton entourage par ta profonde humanité, par ton affection naturelle et ta simplicité. « C’est l’amour, la franchise, la compréhension, le respect de l’autre qui doivent sans cesse vous guider » écrivais-tu à tes petits enfants s’engageant dans leur vie de couple…. Ton cœur de Mamie, ton amour, ton attention…ces mots ont recouvert des dizaines de petits papiers pour chacun d’entre nous. Avoir la volonté d’être heureux à travers toutes les tempêtes, tu nous l’as démontré ! Pour terminer, il le faut bien…J’ai trouvé un petit texte d’Anne Sylvestre que tu aurais sûrement aimé… Il s’intitule : « Aiguillée » : « L’aiguillée, c’est l’exacte longueur de fil ou de coton nécessaire à la brodeuse pour réaliser son motif. Si ton aiguillée est trop courte, elle devra s’arrêter en chemin, faire un point d’arrêt puis un nouveau nœud pour en repartir une nouvelle, mais ça sera moins beau si on retourne l’ouvrage, et la broderie se juge aussi par son envers. Si en revanche l’aiguillée est trop longue, cela fera du gaspillage, car le bout restant sera trop court pour repartir un motif. Sans compter qu’un très long fil oblige à faire des gestes de bras excessifs, qui retardent le mouvement ? C’est tout l’art de la brodeuse, de savoir organiser son travail en respectant à la fois l’économie et la beauté de l’ouvrage… » « ….A l’image de ces brodeuses, si prévoyantes quant à la longueur de leur fil je me dis parfois qu’on devrait mesurer la longueur de patience qu’il faudra pour vivre certaines choses, la longueur de peine ou de douleur nécessaire pour vivre les chagrins, mais ne pas oublier la longueur illimitée du bonheur à vivre et à donner, pelote qu’on laisse se dévider, se dérouler sans qu’il est besoin d’y faire un nœud. Savoir bien mesurer sa dernière aiguillée… » Anne Sylvestre : extrait de son livre « Coquelicot ».

« Elle disait si souvent « Merci » et c’est maintenant à notre tour de lui dire un immense MERCI ! »

 
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Publié par le décembre 29, 2016 dans Actualité du Quartier, Mémoire du Quartier

 

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Savez-vous ce qu’est un BRICAULIER ?

Pas plus que moi certainement, mais j’ai bien aimé ce néologisme trouvé sur notre page face book,un  petit clin d’œil à notre quartier et à la place Madeleine Caulier qui a bien changé au cours du siècle dernier, comme le montrent ces images publiées par un de nos sites préférés Lille d’Antan.(http://www.lilledantan.com/)

Un peu d’histoire pour découvrir cette Madeleine Caulier qui a donné son nom à la place….

Madeleine Caulier, une grosse et forte fille née en 1680 à Avelin, était servante à l’auberge du Tournebride, à l’époque de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), la dernière grande guerre menée par Louis XIV pour la domination en Europe, pendant laquelle eut lieu le Siège de Lille (1708) M Caulier dragon

Le 7 août 1708, les Anglais, commandés par le Duc de Malborough assiègent Lille. La servante Madeleine Caulier qui entend que l’armée recherchait un messager pour transmettre des informations aux assiégés, propose de se rendre discrètement à Lille pour apporter elle-même le message au Maréchal de Boufflers, (celui là même qui a donné son nom à un quartier de la Citadelle, la Caserne ou Quartier Boufflers). D’abord arrêtée par les soldats anglais à Templemars, elle est conduite au général Cadogan, mais elle parvient à entrer dans Lille en faisant croire qu’elle se rend chez son oncle malade à Ronchin. Après sa mission, elle revient à Avelin et refuse toute gratification.  Admise par la suite, sans avouer son sexe, dans un régiment de dragons, Madeleine Caulier  meurt glorieusement à la Bataille de Denain en juillet 1712.

vendredi 10 juin à 19 h au Centre Albert Jacquard, 115 Rue Saint Gabriel 

 

13325724_252153778476307_2529858955260557194_n vous allez pouvoir découvrir ce et celui qui se cachent derrière ce nom et ce logo Le Bricaulier 

Le blog (et ses bricoleurs patentés) ont déjà testé pour vous les  fab lab  et autres repair café de la métropole nés dans le cadre de Lille 3000 Renaissance, il ne peut donc qu’être curieux de ce projet de création d’un atelier de bricolage partagé pour le quartier de Caulier, avec son « outilthèque » qui va faire pâlir d’envie plus d’un bricoleur….bricaulier 3

Dans cette opération soutenue par La Fabrique des Quartiers, sont prévus à la fois un bâtiment (Rues des Dondaines /Rue Rabelais),  et une association. Mais le  porteur de ce projet, Julien Pilette, un habitant du quartier, que le blog a contacté, a plus d’une corde à son arc Nous avons d’ores et déjà pris rendez-vous avec lui pour vous présenter ses aventures et ses projets. Alors à bientôt, Monsieur Pilette.

 
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Publié par le juin 7, 2016 dans Actualité du Quartier, Mémoire du Quartier

 

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