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ORIGINE DU BACCALAUREAT

15 Juin

Dès potron-minet,, on les a vu partir ce matin, l’air un poil stressés…Alors, forcément, on pense à eux aujourd’hui, ces candidats de notre quartier qui planchent, ce 15 juin, sur l’épreuve de philosophie du baccalauréat et on leur dédie cet article sur l’origine de ce diplôme…

Mais à propos, quelles sont donc les origines de cet « indéboulonable » et surtout incontournable baccalauréat, si évolutif, par ailleurs ?

bac

A la base, un seul baccalauréat et, qui plus est, sous une forme uniquement orale ; c’est dire toutes les évolutions et transformations que ce précieux sésame a pu connaître, au fil des années…

Au Moyen-Âge, le terme bachelier désignait  un jeune homme qui avait pour aspiration de devenir chevalier ; donc, convenons-en, rien à voir alors avec notre baccalauréat !

C’est en 1808, que le prolixe et inventif Napoléon ainsi que Fourcroy travaillèrent de concert sur un projet auquel tenait particulièrement l’empereur. Napoléon n’avait-il pas dit  au Conseil d’Etat : « De toutes nos institutions, la plus importante est l’Instruction publique. Tout dépend d’elle, le présent et l’avenir ».

_Fourcroy

Le comte Antoine-François de Fourcroy

Mais arrêtons-nous ici un instant : qui était donc ce Fourcroy  qui épaula l’empereur dans sa tâche ? Antoine-François Fourcroy   (1755-1809), fut chimiste, conseiller d’état et directeur général de l’Instruction publique. Il avait  déjà participé à l’élaboration de la loi n° 1488 du 11 floréal an X (1er mai 1802) sur l’instruction publique (c’est en effet lui qui présenta le dernier projet au Corps législatif). Puis il s’était consacré à l’Université impériale.  Les séances de travail avec Napoléon duraient parfois dix heures consécutives. Une tâche écrasante ! « Je n’en puis plus, disait Fourcroy, cet homme me tue ! ».

Fourcroy planche donc sur l’élaboration d’un décret qui porterait, notamment, sur une organisation générale d’une université (impériale, bien-sûr !) , avec pour but de tirer vers le haut les lycées en leur imposant une unité dans les programmes. Après de nombreuses discussions en Conseil d’Etat et la rédaction de neuf projets, le principe d’un corps d’enseignants formant « l’Université impériale » est définitivement acté par la loi du 10 mai 1806. C’est par un décret organique du 17 mars 1808 que sont rétablies les universités de l’Ancien Régime, supprimées par la Révolution (soit, plus précisément, les facultés de Droit, de Médecine et de Théologie) et créées deux nouvelles facultés  (celles de de Lettres et de Sciences) ; au passage est restaurée la « maîtrise ès arts », qui sera appelée « baccalauréat ». Il s’agit alors du premier grade universitaire ( et non, comme maintenant, d’un diplôme sanctionnant la fin des études secondaires donnant accès, en tant que de besoin, aux études supérieures). L’Université impériale devait en effet, selon les voeux de l’empereur, être organisée en académies, facultés, écoles primaires et secondaires, avec détermination du nombre d’enseignants, des budgets, etc. Le 28 janvier 1808, Napoléon dicte son projet et charge Fourcroy de rédiger une annexe destinée à régler tous les détails. La dernière rédaction (il y en eut 23 !) est adoptée par le Conseil d’Etat, le 5 mars 1808. Enfin, l’Empereur signe, le 17 mars 1808, le décret n° 3179 organisant l’Université impériale (19 titres, 144 articles). Fourcroy disait aussi, avec admiration que Napoléon manifestait, dans ce domaine ( comme dans bien d’autres, d’ailleurs…) « son inégalable génie de réformateur ».Il avait été décidé que l’Université impériale soit régie et gouvernée par un Grand-Maître. Fourcroy, qui avait fourni un travail considérable, pensait que cette place devait lui revenir de droit et espérait qu’il allait être désigné. Mais, à sa grande (et désagréable !) surprise, par décret n° 2180 du 17 mars 1808, c’est Fontanes qui est choisi ! Ainsi, Fontanes avait été préféré à Fourcroy, ancien conventionnel, que Napoléon considérait comme un « révolutionnaire mal repenti ». Peut-être Fourcroy en mourut-il de chagrin et de dépit puisqu’il s’éteignit … en 1809 !

Mais à propos, et de façon plus précise, que dit, en son titre III, ce décret du 17 mars 1808 ?

Voici quelques extraits qui nous éclaireront utilement : « les grades dans chaque faculté seront trois : le baccalauréat, la licence, le doctorat. Ces grades seront conférés par les facultés… On ne sera reçu bachelier dans la faculté des sciences qu’après avoir obtenu le même grade dans celle des lettres et qu’en répondant sur l’arithmétique, la géométrie, la trigonométrie rectiligne, l’algébre et son application à la géométrie… A compter du 1er octobre 1815, on ne pourra être admis au baccalauréat dans les facultés de droit et de médecine sans avoir au moins le grade de bachelier dans celle des lettres… Pour être admis à subir l’examen du baccalauréat en théologie, il faudra 1°) être âgé de 20 ans, 2°) être bachelier dans la faculté de lettres, 3°) avoir fait un cursus de 3 ans dans une des facultés de théologie. On n’obtiendra les lettres de bachelier qu’après avoir soutenu une thèse publique… ».

Candidats à l’obtention, cette année, de ce diplôme, sachez que la première promotion du baccalauréat remonte à … 1809 et que les heureux reçus, alors, ne furent qu’au nombre de… 31 ! Cette année les 675.975 inscrits étaient âgés de 14 à 82 ans. Espérons que, pour vous, ce sera votre bac… à lauréats !

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Candidat en train de passer son oral sous l’Empire

Et m…. à tous nos candidat(e)s, spécialement à celles et ceux de notre quartier !

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Peut-être un descendant du candidat précédent, planchant, de nos jours, pour l’obtention du même examen !

Dernière minute, divers sujets de l’épreuve de philo viennent d’être dévoilés ; les voici donc, tout chauds !

http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/06/15/bac-s-es-l-2016-decouvrez-les-sujets-de-philosophie_4950708_4401467.html

N’oublions pas que les dates de passage des épreuve en métropole ne sont pas les seules à prendre en considération ; en effet, en bien d’autres points du globe, ces épreuves ont souvent commencé bien avant celles pour la métropole, compte tenu des fuseaux horaires et de leur incidence sur les dates. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, les épreuves écrites de la session 2016 du baccalauréat ont commençé, à Pondichéry, le… lundi 18 avril 2016 ! Pour de plus amples informations sur ces dates décalées, vous pouvez cliquer sur les liens qui suivent :

http://raiateabac.blogspot.fr/2016/03/bac-2016-le-calendrier-pondichery.html

http://www.aefe.fr/pedagogie/examens-nationaux/calendrier-du-baccalaureat

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Publié par le juin 15, 2016 dans - Divers

 

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