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Hommage soutenu à Robert Gabillard

28 Jan

Robert Gabillard, vous connaissez ?

Si tel n’est pas le cas, voici quelques lignes à son sujet. Il s’agit d’un scientifique dont notre région peut, à juste titre, s’enorgueillir car, excusez-moi du peu, nous lui devons l’invention du premier métro sans conducteur au monde ; ça y est, ce coup-ci, comme on vous parle de « métro », ça fait (peut-être) « tilt » et vous vient soudain à l’esprit le mot « VAL« , nom de notre métro. Si tel est le cas, vous avez vu juste ; mais peut-être ignoriez-vous toutefois que ce petit bijou de technologie avait commencé à prendre du service dans notre métropole.

Professeur à la faculté des sciences de Lille

Voici, très brièvement, une petite partie du parcours de Robert Gabillard, physicien de talent. Il étudia, en son temps, à la Sorbonne puis fut Chercheur à l’École normale supérieure et ensuite Professeur à la faculté des sciences de Lille. Il mit par ailleurs au point le scanner médical mais aussi des méthodes originales de détection de gisements de pétrole comme de gaz.

un jour de 1970

metro val

Nombreux sont ceux et celles qui utilisent, quotidiennement ou pas, ce merveilleux et rapide moyen de transport – notamment à partir de la station Saint Maurice-Pellevoisin… ou vers cette dernière ! Pour la plupart, ils n’imaginent pas que ce métro serait sans nul doute moins moderne et moins performant si, un jour de 1970, à la suite d’une rencontre fructueuse avec Jean-Claude Ralite (alors directeur de l’EPALE, chargé de l’aménagement de Lille-Est) qui l’avait sollicité, avec l’espoir de concrétiser le projet de relier, par transport automatique, Lille et Villeneuve d’Ascq, Robert Gabillard  n’avait décidé de relever ce réel défi technologique. Un tel défi enthousiasma donc Robert Gabillard qui remonta ses manches et se mit à l’œuvre, de concert avec les universités lilloises et les ingénieurs de la société Matra. En effet, un tel projet ne pouvait bien évidemment pas être mené à bien par un seul homme…

VAL – initialement pour : « Villeneuve d’Ascq-Lille »

La CUDL (Communauté Urbaine de Lille), avec l’appui de son Président, le particulièrement dynamique et si regretté Arthur Notebart, figure locale politique très pragmatique de notre région – et qui était alors encore de ce monde – propose que l’unique ligne de métro soit prolongée  jusqu’au Centre Hospitalier de Lille, afin de créer la première future ligne importante de métro automatique.

Dès 1971, le nouveau procédé est mis au point ; il sera néanmoins peaufiné pendant douze ans. En 1983, le VAL – initialement pour : « Villeneuve d’Ascq-Lille » – signifiera désormais « Véhicule Automatique Léger » et sera enfin mis en service ; il faut préciser que le métro ne comptait alors qu’une seule ligne, ralliant Lille à Villeneuve d’Ascq. Ce n’est qu’en 1989 que la seconde ligne sera, à son tour, inaugurée.

D’autres villes, que ce soit en France ou à l’étranger, adopteront ultérieurement la technologie de notre VAL…

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Le VAL à Taipei

Une appréciation partagée par Martine Aubry

Une lacune, dès l’origine, dans cette apparition du VAL, faisait tache : aucune station, de près ou de loin, ne rendait hommage à ce grand inventeur que fut Robert Gabillard. Il fallut attendre son décès – survenu le 2 mars 2012 – pour que revienne à la surface la question de l’hommage à Robert Gabillard, pourtant reconnu, par « les plus grands »… et par la presse locale :

Voici, en effet, notamment, ce que la Voix du Nord écrivit, le 7 mars 2012 : «  Robert Gabillard, le créateur du métro lillois, est décédé ; professeur émérite des universités et citoyen d’honneur de la ville de Villeneuve-d’Ascq, il est décédé vendredi, à l’âge de 85 ans. Dans les années soixante, ce brillant physicien nucléaire avait mis son intelligence au service du projet de ville nouvelle, à l’est de Lille. Chargé de favoriser la détection des catiches, en application de ses recherches, le scientifique avait fini par imaginer un lien entre Villeneuve-d’Ascq et Lille. Ainsi est né le premier véhicule automatique léger (VAL) au monde, dont l’acronyme pouvait aussi bien rappeler le nom des deux villes desservies. Le 16 septembre dernier (soit en 2012), en marge d’une exposition consacrée à la naissance du métro, Robert Gabillard avait été fait citoyen d’honneur de Villeneuve-d’Ascq. Le maire avait alors exprimé le souhait d’accoler le patronyme de l’inventeur à celui de la station de métro Cité scientifique, située à quelques mètres des ateliers du VAL et des anciens laboratoires du chercheur. « La disparition du professeur Gabillard, a salué hier Gérard Caudron, maire de Villeneuve-d’Ascq, est l’occasion pour moi de rendre, une nouvelle fois, hommage à l’un des pères fondateurs de notre ville et à l’un des éminents acteurs de la réussite de notre ville nouvelle (…). Sans lui, Villeneuve-d’Ascq ne serait pas la ville rayonnante et attractive qu’elle est. Sans son métro, Lille Métropole serait aujourd’hui asphyxiée. Sans son innovation majeure, aujourd’hui diffusée dans le monde entier, Lille Métropole n’aurait sans doute pas entrepris sa marche accélérée au sein des grandes métropoles européennes… voire mondiales« . Une appréciation partagée par Martine Aubry qui, après avoir salué « la mémoire de ce physicien brillant », a confirmé le souhait émis par Gérard Caudron. « Je proposerai au prochain conseil de communauté que la station de métro Cité scientifique soit baptisée également de son nom, en hommage à ce grand chercheur et inventeur ».

Et c’est ainsi qu’au cours de l’année qui suivit le décès de Robert Gabillard, il fut décidé de débaptiser la station « Cité scientifique » pour lui attribuer, désormais, le nouveau nom de : « Cité scientifique Pr Gabillard ». Mieux vaut tard que jamais ! Toutefois, pendant fort longtemps – trop longtemps -, sur les petites aides intitulées « Métro, les lignes, les horaires et les fréquences, il a été noté « Cité scientifique » et non « Cité scientifique Pr Gabillard »  ! Heureusement, cette mise en harmonie existe désormais !

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Souvenons-nous de la controverse, pas si lointaine, à propos du nom à donner à un certain grand stade ; celui-ci devait, initialement s’appeler « Grand Stade Lille Métropole ; à un moment, n’a-t-on pas envisagé d’appeler celui-ci  « Grand stade Partouche », pour, in extremis, porter, de façon définitive, le nom de « Grand stade Pierre Mauroy ». Il en va ainsi de l’ingratitude des peuples vis à vis de leurs élites. Les politiques ne sont toutefois pas les plus oubliés ; ce sont plutôt les savants, les scientifiques de haut niveau qui sont, trop souvent, ignorés ; beaucoup d’entre eux ne se sont même pas enrichis, de leur vivant, et échappent, de plus, trop souvent, à la reconnaissance posthume. Ingratitude d’autant moins pardonnable que le geste ne coûte rien et peut signifier beaucoup, ne serait qu’en terme d’exemple pour la jeunesse…

Pour en savoir plus, non pas, malheureusement, sur Robert Gabillard, mais sur le VAL – ce qui ne manque toutefois pas d’intérêt –  cliquez ici pour accéder au site de Transpole. En effet, cet article, par ailleurs assez bien documenté, qui émane de Transpole, aborde bien des points mais ne parle, à aucun moment, de Robert Gabillard !

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Publié par le janvier 28, 2016 dans - Divers

 

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