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Mariage et consentement des parents

27 Nov

1905

Depuis la parution des articles de la saga épistolaire (cliquez-ici pour en revivre toutes les étapes), et après une première vague de questions, d’autres m’ont été posées concernant le contenu de ces articles ou, plus souvent, ce qu’il ne contenait pas ! Or, nul doute que la matière est vaste dans ce domaine… On pourrait, en effet, écrire assez de livres sur ce sujet pour remplir une bibliothèque ! Je n’ai pas la prétention d’épuiser le sujet – et d’ailleurs, ce sera peut-être lui qui m’épuisera, à la longue – tant son étude se révèle complexe…  et parfois même, ardue.

salon du mariage

Or, cette suite était, jusqu’à ce jour, un peu restée en souffrance… Mais, c’est en lisant que le Salon du Mariage et du Pacs allait se tenir les 27, 28 et 29 novembre à LILLE GRAND PALAIS, que le mot « mariage » m’a remis en mémoire mon article à finaliser ou, pour le moins, à continuer !

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magiciens, ateliers à thème, jeu concours…

 

Joker Dandy - Magicien close-up

Le Joker Dandy en Close-Up

A propos, puisque je vous parle de ce salon, quelques mots à son sujet : il est reconnu comme le plus grand salon régional du mariage dans notre pays, avec plus de 150 exposants et de nombreuses animations : DJ, magiciens avec démonstration de close-up (pour mémoire,  close-up – qui signifie, en anglais : gros plan – est une spécialité assez récente de la prestidigitation ; c’est de la magie de proximité, donc très proche du spectateur, appelée aussi magie rapprochée ou micromagie ; elle est donc communicante ; le magicien présente son numéro avec des accessoires comme des pièces, des cartes, des cordes etc.. L’artiste passe de table en table – table hopping – lors de repas, ou de groupe en groupe – strolling magic – lors de cocktails. Ce show est composé de tours spontanés très visuels qui durent de une à trois minutes chacun et qui sont adaptés au public, pour un enchaînement d’une durée de 10 à 15 minutes par table. Billets, cartes, mousses disparaîtront ou apparaîtront sous vos yeux sans même que vous ayez pu voir quoi que ce soit ! Cette magie, d’une forte prestance, sans contrainte du lieu ou de la salle, fait briller les yeux des spectateurs et donne une touche discrète de rêve et de mystère à une soirée, dont l’ambiance sera, d’ores et déjà assurée. Ainsi sourire, humour, participation, mystère, suspens et convivialité sont toujours de la partie.

Lors de ce Salon vous pourrez aussi profiter de musique et danse, d’ateliers à thème : décoration, beauté coiffure, dégustations, séances d’œnologie, selfie White Chapelle « votre photo à Las Vegas », créer avec des fleurs etc…, sans oublier le jeu concours « liste de mariage » vous permettant de gagner de nombreux lots offerts par les exposants !

Bon plan du blog : invitations gratuites pour ce salon à télécharger sur : http://www.salondumariage.fr/visiter-salon-du-mariage/

Exposants

Par ailleurs, pour accéder à la liste de tous les exposants que vous aurez le plaisir de découvrir sur ce salon, vous pouvez vous reporter sur le lien ci-suivant : http://www.salondumariage.fr/exposant-salon-du-mariage/

1930,

Cette parenthèse étant faite sur le Salon, revenons-en tout-de-même à notre sujet sur le consentement parental et, plutôt que de répondre individuellement, j’ai opté pour une suite à l’article précédent, contenant des réponses à un certain nombre de questions posées :

une lectrice m’a dit

Ainsi une lectrice m’a dit,  fort judicieusement : « Et la position de l’Eglise (catholique) dans tout ça ! » Excellente remarque… En effet, j’avais passé sous silence cet aspect de la chose, ayant déjà tant eu à écrire à propos du mariage et du consentement parental en France à travers les siècles… Mais, à l’examen, ce fut une réelle omission car l’Eglise joua un grand rôle, que l’on pourrait qualifier de « parallèle » par rapport à celui du pouvoir civil. En effet, le droit canon n’avait pas laissé la question sans réponse. Nous verrons donc succinctement, à travers les siècles, principalement en France, mais aussi, accessoirement, ailleurs en Europe, ce qu’il en fut, au niveau du sujet qui nous préoccupe mais également, au niveau sociétal.

une « affaire » entre un homme et une femme, et non entre deux familles

mariage ancien

wedding

mariage

Et cette réponse ne manquera peut-être pas de vous surprendre. En effet, alors qu’à notre époque, il est souvent fait, par certains, reproche à l’Eglise catholique d’avoir une attitude rétrograde en matière de mœurs, vous serez sans doute étonnés d’apprendre qu’elle fut, en revanche, très tôt opposée au fait que le mariage soit conditionné à l’autorisation des parents et que, de plus, cela fut même, pour elle, un sujet récurent de discorde avec, notamment, le roi de France ! L’Eglise considérait en effet que nul ne devait interférer dans le projet de mariage des futurs époux ; car, pour elle, il s’agissait en la matière d’une « affaire » entre un homme et une femme, et non entre deux familles avec, la plupart du temps, de sordides considérations financières en jeu ! Attention, dans ce pouvoir d’influence, les bons sentiments sont souvent relégués à l’arrière-plan, n’étant, la plupart du temps, qu’un vaste alibi de bonne conscience… Seul compte, en fait, un pouvoir d’influence, pour ne pas dire, de domination !

prononcer la sanction à l’encontre de tout un pays, de tout un royaume

anathème

 

 

Ainsi, jusqu’à la fin du XIX° siècle, le droit canon avait fixé à 12 ans l’âge nubile pour les filles et à 14 ans, pour les garçons. Les docteurs en droit canon avaient très vite adopté une position en faveur d’une validité de mariage en l’absence de l’accord paternel. C’est le Concile de Trente qui se pencha tout spécialement sur la question et qui, plus spécialement,  dans sa vingt-quatrième session, entérina cette doctrine, allant même jusqu’à frapper d’anathème (d’excommunication, en d’autres termes), ceux qui soutenaient le principe de la nullité du mariage sans consentement parental ; la papauté pouvait soit décider de faire sortir de la communauté des fidèles un individu (qu’il soit noble ou non) ; mais elle pouvait – au moins, en théorie – aller bien plus loin en décidant de prononcer la sanction à l’encontre de tout un pays, de tout un royaume ; inutile de dire que devant la sévérité de cette dernière sanction, elle ne fut jamais prononcée et mise à exécution à l’encontre du royaume de France, mais néanmoins brandie à diverses occasions. C’est dire que l’Église alla loin pour imposer son point de vue.

Il s’agissait, en la matière, à la fois d’une gigantesque malentendu et aussi ….. d’un problème d’ego

N’oublions pas que si, souvent, le pape fut, la plupart du temps, italien, il arriva également qu’il fut français. Lors d’une période particulièrement houleuse entre la papauté et le roi de France, celui-ci exigea ainsi que le pape français ne réside plus à Rome mais à Avignon ! Si dans certains pays, le roi fit plus facilement sienne cette doctrine de l’Église, il n’en fut pas de même dans le royaume de France et les frictions à ce sujet furent nombreuses entre le roi et la papauté ! Il s’agissait, en la matière, à la fois d’une gigantesque malentendu et aussi ….. d’un problème d’ego, de part et d’autre ! En effet, le pape considérait que le roi de France n’était qu’un croyant – certes un peu spécial – parmi d’autres, et donc tenu à obéir aux règles et préceptes édités par l’Église, serait- même en matière de mariage puisque la question avait été étudiée, de longue date, et tranché par le droit canon ; quant au roi, il considérait que la question du mariage de ses sujets, qui dépendait, selon lui, du domaine civil, ne relevait donc, de ce fait,  que de sa seule autorité. Déjà, et bien au delà du droit, au niveau de la classe chevaleresque, l’Église avait joué un rôle certain, s’étant efforcée d’atténuer la violence des mœurs chevaleresques en instituant : la paix de Dieu (les nobles ne doivent pas s’attaquer ni aux paysans, ni aux marchands, ni aux clercs), la trêve de Dieu ( les combats doivent cesser du mercredi soir au lundi matin) et la sanctification de l’adoubement. D’une façon générale, et en raison de l’universalité de la foi, l’Église disposa de puissants moyens d’action sur la société laïque : ainsi, l’excommunication par laquelle l’Église peut retrancher un homme de la communauté des fidèles, mais aussi l’interdit, sanction encore plus terrible car elle associe tout un royaume à la faute du suzerain : les églises sont alors fermées, les sacrements refusés aux fidèles, la pression maximum, en résumé, pour faire flancher le suzerain !. Notons cependant qu’aux X° et XI° siècles, les évêques dépendent encore du pouvoir laïc pour leur investiture ! De 1074 à 1122, un grand conflit opposa le Pape et les Empereurs sur la question des investitures : en 1077, l’Empereur Henri IV (3° empereur de la dynastie franconienne, issue des Francs saliens) s’humilie devant le Pape Grégoire VII (il en vint en effet s’agenouiller devant ce pape, préambule que lui avait imposé ce dernier avant qu’il n’accepte de lever l’excommunication qu’il avait prononcé à son encontre ; l’histoire retint cet épisode sous le nom de pénitence de Canossa, moment clé du conflit entre la papauté et ce souverain germanique ; en 1122, le pape Calixte II fut en mesure, enfin, d’imposer le concordat de Worms à Henri V. L’Église est désormais en mesure de faire peser son influence sur la société laïque. Pourquoi un tel conflit ?D’une part, le pape prétend, comme successeur de Saint Pierre, avoir le droit de juger, de condamner et même de déposer l’empereur s’il manque à ses devoirs chrétiens. De son coté, l’empereur se considère comme successeur des empereurs romains et aussi comme responsable bon ordre au sein de l’Eglise. Ainsi, l’empereur Frédéric Barberousse et son fils Henri IV tentèrent-ils vainement d’imposer leur autorité à l’Italie et à la papauté mais échouèrent devant la résistance du pape Alexandre III et de la Ligue lombarde. La papauté vit son triomphe avec Innocent III, à la fois, chef de l’Eglise et de la chrétienté ; Une véritable théocratie semble ainsi un moment s’installer sous son pontificat : Innocent III a pour vassaux tous les rois d’Europe, sauf le roi de France. La lutte pour la domination de l’Italie reprend sous Frédéric II mais, finalement, l’empereur est vaincu. La conséquence de tout cela est que le pouvoir de l’empereur est affaibli en Allemagne et que l’Italie est divisée en guelfes (partisans du pape) et gibelins (partisans de l’empereur). La papauté est certes victorieuse mais elle a beaucoup perdu de son prestige, tant son avidité de pouvoir n’échappe à personne… (à suivre)

 

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Publié par le novembre 27, 2015 dans - Divers

 

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