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Quoi de neuf du côté de Jean Zay…

26 Mai

… C’est demain qu’il entre au Panthéon !

Souvenez-vous, il y a un peu plus d’un an – pour ceux et celles d’entre vous qui m’avaient déjà lu alors sur le même sujet : https://memoiresmplille.wordpress.com/2014/04/24/jean-zay-jen-zay-desormais-un-peu-plus-sur-lui/#more-1049 – je consacrai déjà quelques lignes à Jean Zay dans ce blog parce que le Groupe Scolaire de la rue Hippolyte Lefebvre à Lille Saint-Maurice Pellevoisin y porte son nom… A cette époque, il était question de son entrée au Panthéon. Comme ce sera demain chose faite, il m’a donc semblé intéressant d’en parler à nouveau. Le Panthéon de notre pays est un monument situé dans le 5° arrondissement de Paris sur la montagne Sainte-Geneviève, au cœur du Quartier latin, au centre de la place qui porte son nom (le mot « Panthéon » vient du grec pántheion (πάνθειον) qui signifie « de tous les dieux »).

 un rêve de jeunesse réalisé dans l’âge mûr

Plus d’une fois, Jean Zay aima, dans le prolongement d’Alfred de Vigny, soutenir l’idée selon laquelle une vie réussie serait « un rêve de jeunesse réalisé dans l’âge mûr « . Aurait-il toutefois pu alors imaginer entrer un jour, une fois disparu, au Panthéon ? Sans crainte de se tromper, certes non. Toutefois, à la fin de sa vie, il s’exclama : « Un jour, justice me sera rendue ! » Avec le recul, son engagement politique, les épreuves qu’il a traversées mais aussi tout ce qu’il a initié et qui, encore aujourd’hui, perdure et est parfois source d’inspiration, tout cela donc plaidait pour une telle reconnaissance nationale qui est une façon de répondre à son « Un jour, justice me sera rendue« …

il fit confiance à un pédagogue aussi révolutionnaire

Tôt promu à divers postes d’importance – il n’a en effet que 28 ans lorsqu’il devient député et 31 quand il est nommé ministre – ce fut malheureusement aussi fort jeune, car encore dans la force de l’âge (39 ans) que Jean Zay quitta ce monde lorsqu’il fut lâchement abattu par la milice… Juste avant de le nommer au gouvernement, le 4 juin 1936, Léon Blum aurait téléphoné à Jean Zay pour lui dire : « il faut un jeune à l’éducation nationale » ; l’avenir prouva combien ce choix fut judicieux. L’actuelle ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, écrivait, il y a peu, combien elle était fière de succéder à ce Grand Homme ; je la cite : « …Pour avoir aujourd’hui l’immense chance de lui succéder, je mesure chaque jour, dans le bureau qui fut le sien,  combien son exemple éclaire encore notre présent… ». Elle n’hésite pas, d’ailleurs, à le qualifier, comme d’autres avant elle, de « Jules Ferry du Front Populaire ». Pour exemple de son originalité et de son esprit novateur, il fit confiance à un pédagogue aussi révolutionnaire, alors – et même aussi à l’heure actuelle ! – que Célestin Freinet (pédagogue français, né en 1896, qui, aidé de son épouse, Élise, et en étroite collaboration avec un réseau d’instituteurs avant-gardistes, développa un ensemble de nouvelles techniques pédagogiques fondées sur l’expression la plus libre possible des jeunes élèves). N’oublions pas que c’est sous l’impulsion de Jean Zay que l’âge de la scolarité obligatoire a été prolongé, pour passer de 13 à 14 ans. Il a voulu à la fois démocratiser et moderniser l’enseignement. Laissons, à présent, d’autres que moi vous faire découvrir plus amplement ce désormais encore plus grand personnage de notre Histoire, en cliquant ici.

Les 4 nouveaux hôtes du Panthéon !

Les 4 nouveaux hôtes du Panthéon !

trois autres personnages honorés aussi demain

Si c’est donc ce personnage de notre histoire qu’est Jean Zay, qui  rentrera demain au Panthéon, il est à noter qu’il le fera en compagnie de Germaine Tillion,  Genevière De Gaulle-Anthonioz, mais aussi de Pierre Brossolette, qui feront en effet tous trois pareille entrée en ce lieu… Plus plus précisément, seuls les cercueils de Jean Zay et de Pierre Brossolette contiendront leurs cendres respectives (qui y seront de ce fait effectivement transférées) ; en revanche, ce seront des cercueils sans les cendres de Germaine Tillion et Geneviève De Gaulle qui pénétreront en ces lieux, les familles ayant en effet, dans ces deux cas, souhaité que les dépouilles demeurent dans le caveau familial. A la fois dans un souci d’égalité et parce que Jean Zay, homme généreux, ne m’en aurait certainement pas voulu de mettre également à l’honneur ces trois autres personnages honorés aussi demain, en même temps que lui, voici donc, à présent, quelques mots sur Germaine Tillion, Geneviève De Gaulle-Anthonioz et Pierre Brossolette. Notons, au passage cette belle parité – ce qui est dans l’air du temps – deux femmes, deux hommes :

Grand-Croix de la Légion d’honneur

Germaine Tillion (1907-2008) est une pionnière de l’ethnologie qu’elle pratiqua en Algérie dès les années 1930.  Elle voit  sa vie « basculer » le 17 juin 1940, en entendant le discours du maréchal Pétain «capitulant devant Hitler». Elle entre alors dans la Résistance et fonde le réseau du Musée de l’homme ; composé d’une douzaine de personnes,  premier mouvement de résistance en territoire occupé ; il n’a de cesse, notamment, de contrer la propagande nazie. Dénoncée, en 1942, par un prêtre, l’abbé Alesch – honte à lui – elle est arrêtée en août 1942 et est ensuite incarcérée puis envoyée, avec sa mère, en déportation. Héroïne de la Résistance, elle fut aussi l’une des rares Françaises ayant le titre de Grand-Croix de la Légion d’honneur. Elle avait été déportée à Ravensbruck, en 1943, rapportant de cette épreuve un témoignage pour le moins singulier, une «opérette-revue» intitule : «le Verfügbar aux enfers», présentée au Théâtre du Châtelet en juin 2007, à l’occasion de ses 100 ans. Sa nièce, Emilie Sabeau-Jouannet, s’est réjouie dès l’annonce de l’entrée au Panthéon de sa tante : «C’est une grande émotion quand on a eu la confirmation. Vous savez que c’est la troisième femme, quand même, au Panthéon, ce n’est pas beaucoup», a-t-elle déclaré sur RTL.. A coté de ces quelques traits de plume, quoi de plus vivant que de s’appuyer sur des documents d’époque et sur une analyse extérieure pour entrer maintenant un peu plus dans l’intimité de cette Grande Dame ; cela vous tente ? Si tel est le cas, n’hésitez pas, alors, à cliquer ici.

elle est une nièce de Charles De Gaulle

Geneviève De Gaulle-Anthonioz (1920-2002), épouse du résistant savoyard, Bernard Anthonioz, elle aussi est une résistante français -, déportée en 1944 – mais aussi une militante acharnée des droits de l’homme, présidente d’ATD Quart Monde, véritable porte-parole des plus pauvres. Elle est une nièce de Charles De Gaulle. Elle n’a que 14 ans lorsque son père lui fait lire l’intégralité du livre écrit par Hitler, « Mein Kampf », afin qu’elle puisse prendre conscience du projet meurtrier qui y est, sans détour, décrit. Elle aussi, mais avant Germaine Tillion, intégrera le groupe de résistants du Musée de l’homme. Elle est arrêtée par la Gestapo française, le 20 juillet 1943, devant une librairie, au cœur de Paris. Plus tard, revenant sur ces sombres heures de son existence, elle déclara : « Je m’étais toujours dit que, si je devais un jour être reconnue coupable, je préférerais que ce soit sous mon identité véritable, je trouvais que c’était bien qu’il y ait des gens de la famille De Gaulle qui soit arrêtés, que cela se sache« . elle est ensuite emprisonnée à Fresnes puis déportée au camp de concentration de Ravensbrück le 2 février 1944. Elle y sera notamment avec  Germaine Tillion et se lie d’amitié avec cette dernière, avant d’être placée en isolement. Cette décision est prise en vue de la garder en vie afin d’être en mesure de l’utiliser éventuellement comme monnaie d’échange. Libérée en avril 1945, elle écrivit, 50 ans plus tard,  un livre : «La Traversée de la nuit», sur sa vie en camp de concentration et l’entraide entre femmes. Le 30 janvier 1944, le train est en gare et s’apprête à partir pour Ravensbrück, en Allemagne ; lors de l’appel de son nom, elle est acclamée par ses codétenues. Nous la citons : « Pour mes camarades déportées, j’étais une sorte de De Gaulle miniature« .  Durant l’hiver 1958, cette croyante convaincue croise le chemin du père Joseph Wresinski qui est l’aumônier du camp des sans-logis de Noisy-le-Grand ; quelques jours après cette rencontre, elle se rend sur ces lieux ; véritablement traumatisée par le spectacle de ce qu’elle y découvre, elle se mue alors en porte-parole informel de ces pauvres auprès de divers ministères susceptibles de pouvoir faire bouger les choses. Et c’est donc sans surprise – car le chemin semblait avoir été tracé depuis longtemps en ce sens – qu’en 1964, elle devient présidente d’ADT Quart Monde. La voici, maintenant autrement  et plus amplement racontée, grâce au lien rouge – sur lequel il vous suffit de cliquer, si la curiosité vous y incite – afin de la découvrir un peu plus à travers voix et images : http://www.ina.fr/personnalites/genevieve-de-gaulle-anthonioz/

l’un des principaux dirigeants ,véritable porte-pat héros de la Résistance

Pierre Brossolette (1903-1944),  homme à la personnalité et au parcours hors du commun.  Paradoxe du personnage, en dépit de son hostilité de la première heure au nazisme et au fascisme, c’est par un long cheminement d’une dizaine d’années qu’il renoncera à son pacifisme viscéral. Talentueux diplômé de la rue d’Ulm,  brillant journaliste, intuitif et flamboyant, mais également  homme politique socialiste français qui, durant les années noires de la Seconde Guerre mondiale, il s’est imposé comme une des figures majeures de la Résistance, notamment au service de De Gaulle – avec qui, toutefois, les relations ne furent pas toujours « au beau fixe » – chargé d’unifier les réseaux. Il est en effet l’un des principaux dirigeants et héros de cette Résistance à qui nous devons, pour partie, d’être redevenus libres… Il échappe plusieurs fois à des arrestations mais finit par être emprisonné à Rennes. Il est alors torturé pendant trois jours d’affilé pour l’inciter à parler. Il parvient alors à échapper à la vigilance de ses geôliers et, en passant par une lucarne, tente de s’enfuir, en dépit de ses blessures ; il réussit à gagner un balcon et  décide alors de se jeter dans le vide afin de ne pas risquer de livrer ses secrets ; il tombe ainsi de plusieurs étages et succombe à ses blessures, sans avoir parlé, le 22 mars 1944, à l’âge de 40 ans. En résumé, cet intellectuel, défenseur de la paix, s’est révélé néanmoins comme un homme d’action d’envergure qui s’est imposé comme un maître du combat clandestin. Début 1941, l’écrivain Jean Cassou lui suggère de rejoindre le réseau « du Musée de l’homme » ; malheureusement, celui-ci est vite démantelé et c’est donc le réseau Confrérie Notre-Dame, dirigé par le colonel Rémy, que Pierre Brossolette rejoint postérieurement. Toutes ses initiatives ne font pas l’unanimité et son ascension fulgurante fait des jaloux, lui valant, de ce fait, de solides inimitiés. Début juin 1943, la ligne défendue par Jean Moulin triomphe ; en effet, Pierre Brossolette – qui avait jugé opportun, dès 1942, de mettre en garde Charles De Gaulle contre la propension, selon lui, de Jean Moulin à être autoritaire – se trouve marginalisé. Cela laissera des traces. Car, alors que Jean Moulin est arrêté en juin 1943, De Gaulle va refuser à Pierre Brossolette la direction du Conseil national de la Résistance. Ainsi va la vie… De grands Hommes peuvent parfois ne pas être d’accord  entre eux – problème d’égo, question de visions divergentes ? – mais avoir néanmoins tous servi  leur patrie et mériter, de ce fait, notre estime et notre reconnaissance… Quoi de plus impressionnant que e pouvoir entendre la voix de Pierre Brossolette, à l’aide du lien rouge ci-après :  http://www.ina.fr/audio/P14051856. Pour en savoir plus sur lui, si vous le souhaitez, il vous suffit aussi de cliquer sur le lien rouge qui suit : http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu06105/pierre-brossolette-heros-et-martyr-de-l.a-resistance-francaise.html

autant d’exemples pour la Nation

Il s’agit là de «deux femmes et de deux hommes qui ont incarné les valeurs de la France quand elle était à terre», a expliqué le chef de l’État, lors d’un hommage aux héros de la Résistance, 70 ans jour pour jour après que 22 membres du Groupe Manouchian eurent été fusillés par les Nazis. «J’ai voulu que ce soit l’esprit de Résistance qui puisse être salué» par le choix de ces quatre personnalités qui seront «autant d’exemples pour la Nation», a souligné François Hollande, en précisant alors que cette entrée au Panthéon se concrétiserait le 27 mai 2015, lors de la journée nationale de la résistance.

au XVIII siècle, il avait été prévu pour être une église

Ce Panthéon n’a pourtant pas toujours eu le rôle qu’on lui connait à l’heure actuelle ; en effet, au XVIII siècle, il avait été prévu pour être une église qui aurait été chargée d’accueillir la châsse de Sainte Geneviève qui se trouve maintenant dans l’église Saint-Étienne-du-Mont, près du Panthéon.

En visionnant les deux vidéos ci-après, laissez-moi vous emmener dans une visite virtuelle, silencieuse, pour la première, et commentée, pour la seconde, du Panthéon, comme si vous y étiez…


Désormais, il a vocation à accueillir et honorer des personnages ayant tout particulièrement marqué l’Histoire de France. Pour ne citer que les plus célèbres, y sont inhumés bon nombre d’écrivains (Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Victor Hugo, Emile Zola, Alexandre Dumas et André Malraux) mais aussi des gloires de la science (Pierre et Marie Curie) et de la sphère politique (Sadi Carnot, Jean Moulin, Jean Monnet) et, ce jour, notamment Jean Zay !. Vous voulez accéder à la liste complète ? Cliquez ici : Liste des personnes inhumées au Panthéon de Paris

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2 Commentaires

Publié par le mai 26, 2015 dans - Divers

 

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2 réponses à “Quoi de neuf du côté de Jean Zay…

  1. mam

    mai 26, 2015 at 2:55

    et demain une émission sur Jean Zay et l’école qui promet d’être intéressante ( LCP soirée)

     
  2. cooren

    mai 26, 2015 at 3:57

    un très bel article qui nous rafraîchit la mémoire et donne des précisions que j’ignorais
    merci beaucoup
    jean cooren

     

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